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  André Léo sur Radio ACCORD

mardi 20 février 2007

- En 1986 l’association André Léo réédite « la femme et les mœurs » aux éditions du Lérot
EXTRAITS des idées développées lors de l’émission à Radio Accord pour l’exposition sur André Léo à la Maison de la Région Poitou-Charentes par Denise Sabourin le 8 Mars 2006.

Emission faite par Michel Cordeboeuf avec Pierre Rossignol et Denise Sabourin

Objectifs de l’association ANDRE LEO
Les projets actuels de l’association concernent le suivi de l’édition des œuvres de ANDRÉ LÉO romancière, la publication d’un bulletin, le soutien aux recherches historiques la concernant, la continuation de son œuvre pour une société mixte plus juste et plus humaine, dans le respect des convictions de chacun.

Quelles que soient les époques, les femmes été soumises aux prérogatives des hommes.
André Léo a mis des accents particuliers sur la condition des femmes lors de la deuxième moitié du XIXème siècle .
Nous aurions pu croire que la Révolution Française de 1789 aurait permis une intégration des femmes dans la vie sociale et politique. Et que l’égalité des chances au travail leur serait donnée. Ce n’est qu’en 1968 que les femmes ont eu la possibilité d’avoir un chéquier personnel sans l’autorisation de leur mari (bien plus tard que le vote).
André Léo plus d’un demi siècle après la Révolution de 1789 s’indignait des conditions de la femme. Elle savait qu’un Condorcet avait dénoncé en 1790 dans son article « Sur l’admission des femmes au droit de la cité » cette injustice.
« On ne peut déclarer un être inférieur, par le seul fait qu’il diffère d’un autre, surtout quand cette différence est précisément la faculté qui le distingue, et qui détermine sa destinée. Si la femme est inférieure à l’homme en tant que manœuvre, elle est, comme reproducteur principal de l’espèce, le premier ouvrier de l’humanité »

Sachons qu’ actuellement, si nous évaluons au SMIC, le travail domestique, il représente 50% du PIB…70% des personnes les plus pauvres dans le monde sont des femmes. L’écart salarial entre hommes et femmes est toujours de 27%. Ce qui favorise dans certains pays le travail des enfants.
Il est évident de constater que le salaire des femmes est souvent maintenu inférieur à ceux des hommes pour un même travail ; actuellement l’écart des salaires entre femmes et hommes est de 27% alors que depuis 20 ans les femmes sont plus diplômées que les hommes.

Redonnons la parole à André Léo, elle dit toujours dans son livre « La femme et les mœurs » édité en 1869 contre les idées de Proudhon.

« Redisons-le bien haut : le désir de maintenir la suprématie de l’homme sur la femme a pu tout dernièrement en notre siècle pousser des démocrates à ces conclusions ; que le travail industriel devrait être interdit aux femmes ; qu’elles devaient être nourries par l’homme !
Ne serait-ce pas constitué, au profit de chaque être humain, une petite monarchie absolue qui dépasserait le beau droit de vie et de mort du chef de famille romain ? en comparaison de ces théories, le code devient presque un monument de liberté et d’égalité ».

André Léo comme militante active au cœur de la Commune de Paris en 1871 et comme intellectuelle éclairée des notions de citoyennetés partagées était loin des théories d’un Proudhon et plus proche du philosophe Pierre Leroux ou de Fourrier et Saint Simon. Elle dit au moment de la commune : « Nous avons la république de la liberté à défendre, nous avons la République de l’égalité à fonder. »
C’est ce qu’elle écrit dans le journal politique quotidien « La Sociale » qu’elle a fondé avec Anna Jaclard.
Ce sont des paroles qui font écho aujourd’hui même dans le début du XXIème siècle.

Dans "La femme et les mœurs", elle nous dit « La vie consacrée toute entière à la poursuite du but personnel, immédiat, harcelée par la concurrence sociale, est si haletante. Tout s’y produit en hâte et sous forme de compétition : l’action, la pensée ; Remonter aux sources est trop long »

La contemporanéité de ses propos est vivace
Nous pouvons ajouter d’autres propos qui nous interpellent : « Il existe actuellement, hommes ou femmes beaucoup des personnes d’esprit réfléchi, ou dans leur droit, qui reconnaissent l’égalité des sexes et croient fermement à sa réalisation dans un avenir plus ou moins proche »

C’est en 1989 qu’une loi d’orientation sur l’éducation rappelle la mission de mixité et d’égalité de l’enseignement. « Les établissements scolaires contribuent à favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes ».
Nous savons tous qu’il y a encore du chemin à faire pour que la parité hommes-femmes dans la représentation électorale soit effective. La loi sur la parité est un acquis important mais la situation est loin d’être satisfaisante. Ecoutons le discours de André Léo : « La femme naît aussi bien que l’homme pour la vie, ainsi que diverses aptitudes le démontrent ; et même que pour tout être conscient son devoir ne relève que de sa conscience à elle, il ne peut être antérieur à sa liberté ».

Oui, elle est pour un amour partagé sans mariage de convenance comme cela se pratiquait à son époque. Dans son roman « Marianne » qui est réédité, et disponible à l’association, elle écrit :
« Je crois de toutes les forces de mon âme à l’amour, à l’amour vrai, à la fois idéal et charnel, aspiration de tout l’être, où la femme n’est plus l’idole d’un jour, mais la compagne, l’amie, l’amante de toute la vie ; à l’amour qui élève, moralise, féconde, et dont la famille est le but et l’une des principales joies ».

Ces notions de féminisme sont traditionnelles pour beaucoup de personnes. Elles sont à prendre en compte lorsque l’on met en perspective des chiffres actuels.
En 2000 plus de 130 millions de femmes ont subi une mutilation génitale.
10% de femmes âgées de 20 à 59 ans sont victimes chaque année de violences conjugales.
48 000 plaintes sont déposées annuellement pour viol.

Pour conclure je dirai : affirmons avec André Léo le droit des femmes à disposer librement de leur corps ; que l’égalité professionnelle, la parité à tous les niveaux, une fiscalité équitable, la stricte application des lois contre les discriminations sexistes, homophobes soient réelles.

André Léo n’est pas d’un autre âge : l’âge où les femmes n’avaient d’autre choix que d’être moralement abusées, le viol existant par ailleurs